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Marie-Christine

La voix suave et exotique de Marie-Christine dégage une beauté envoûtante. On peut y déceler du raffinement ainsi qu’une touche de magie, sans doute attribuables à ses racines et à son éducation. Née de parents haïtiens et élevée à Montréal, Marie-Christine soutient que son amour de la musique remonte à bien avant sa naissance. « Mon père avait l’habitude de me chanter des airs lorsque j’étais dans le ventre de ma mère », dit-elle.

Grand amateur de musique classique, son père Edouard avait appris à jouer du piano en autodidacte. Bien décidé à transmettre sa passion à sa fille, il s’assure que Marie-Christine profite pleinement de ses études entreprises à Montréal. Dès l’âge de 5 ans, elle est initiée au piano classique, qu’elle continuera d’étudier pendant 14 années.

« L’apprentissage du piano classique m’a permis d’explorer un territoire qui m’était familier, la musique, et de m’y évader tout en restant moi-même, dit Marie-Christine. Cela a contribué à forger ma confiance en moi. »

À la maison, la musique classique est reine. Marie-Christine nourrit néanmoins un amour secret pour la musique pop. Elle écoute les chansons d’artistes comme Whitney Houston, En Vogue et Michael Jackson. « J’étais fascinée par les voix, en particulier par les harmonies du groupe En Vogue, explique-t-elle. Je passais le plus de temps possible l’oreille collée sur mon poste de radio. »

Maladivement timide, Marie-Christine fait ses débuts alors qu’elle n’a que 12 ans. Elle suit alors des leçons de chant et elle donne des tours de chant à l’hôpital où travaille sa mère. Marie-Christine trouve du réconfort dans la musique et le fait de chanter en public nourrit sa confiance. Elle joue dans plusieurs productions scolaires au secondaire, tout en sachant que les élèves qui y assistent ne soupçonnent même pas qu’elle est des leurs. « J’avais peu d’amis, admet-elle sans apitoiement. Je m’évadais dans la musique et ça, personne ne pouvait me l’enlever. »

Après le secondaire, Marie-Christine se joint au Chœur Gospel de Laval, dirigé par Gregory Charles. Devenu évident qu’elle possède toutes les qualités d’une soliste, Marie-Christine prend les devants de la scène. Peu de temps après, elle est submergée d’offres. À 20 ans, elle décroche un rôle dans sa première comédie musicale, Génération Motown, une production à succès qui a tenu l’affiche pendant cinq années à Montréal.

En 2007, Marie-Christine met les bouchées doubles : elle participe à la tournée du populaire artiste alternatif DJ Champion tout en chantant dans la revue musicale québécoise Soul City. Le directeur musical du spectacle, Michael Litresits, avait collaboré pendant de nombreuses années avec la vedette canadienne de rock Corey Hart qui, en 2000, avait mis un terme à sa carrière de chanteur pour se consacrer à l’éducation des quatre enfants qu’il a eues avec sa partenaire de longue date, la chanteuse Julie Masse. Depuis les dernières années, Hart s’est concentré sur l’écriture de chansons et sur la réalisation, signant notamment des succès pour sa compatriote, la chanteuse Céline Dion.

À la fin de 2002, on lui offre sa propre étiquette, Siena Records, distribuée par Warner Music Canada. Ce partenariat est l’œuvre du légendaire producteur Seymour Stein, de Sire Records. La priorité consiste alors à découvrir une interprète féminine d’envergure internationale pour inaugurer la nouvelle étiquette.

« J’ai eu du mal à trouver l’artiste qui convenait à Siena. Un jour, Michael Litresits me mentionne par courriel qu’il connaît une formidable jeune chanteuse canadienne d’origine haïtienne, se rappelle Corey. Quelques minutes plus tard, je recevais un fichier MP3 sur lequel elle interprétait Natural Woman d’Aretha Franklin. Il n’en fallait pas plus pour les choses s’enchaînent. »

Marie-Christine s’envole pour Miami afin de rencontrer Corey Hart. « Je suis très timide. Comme je savais qu’il était une grande vedette, j’étais extrêmement nerveuse, dit-elle en se rappelant cette première rencontre. Comme il voulait m’entendre chanter, il m’a rapidement appris une pièce intitulée Silence, écrite pour Céline Dion. Je l’ai apprise sur-le-champ pour ensuite la chanter a cappella, dans sa cuisine! »

« Mes quatre enfants épiaient Marie-Christine, curieux de découvrir à qui appartenait la voix puissante qui résonnait près de la cuisinière, raconte Corey en riant. Quand on sonne bien dans une cuisine, on peut bien sonner partout. »

Une fois cette périlleuse audition passée haut la main, une entente a été passée et l’enregistrement du premier album de Marie-Christine, Walk In Beauty, a pu débuter.

« Le matin où elle devait enregistrer la piste vocale de la chanson Walk In Beauty, Marie-Christine a franchi le seuil des studios Compass Point, aux Bahamas, en répétant la phrase “Nam Myoho Renge Kyo”, se rappelle Corey. Elle nous a expliqué qu’il s’agissait d’une phrase tibétaine qu’elle avait entendue la première fois dans un film évoquant la vie de Tina Turner. Elle est connue comme la Loi de la vie. Fait étonnant, Walk In Beauty fait référence à plusieurs des principes de base de la pensée bouddhiste. “Nam Myoho Renge Kyo” est donc devenu le mantra qu’on entend Marie-Christine réciter au début de la chanson. »

Agissant à titre de producteur exécutif, Corey a également réalisé plusieurs des pistes de l’album, en plus d’écrire six chansons dont In Your Sweater, Take Me There, Walk In Beauty et la superbe Port Au Prince.

« Les Haïtiens forment un peuple très résilient, courageux et passionné, indique Corey. Les chansons et les films produits à propos d’Haïti dépeignent souvent un pays pauvre et un peuple en proie à de grandes souffrances. J’ai décidé d’opter pour des paroles plus positives et de raconter l’histoire de deux amants sensuels. On peut y entendre Luck Mervil chanter en créole, sa langue natale. »

Pianiste de formation classique, Marie-Christine avait peu souvent eu l’occasion d’écrire des chansons. Corey Hart croyait toutefois qu’il était important pour son développement artistique qu’elle explore cette dimension de son talent. Pour soutenir le processus de création, Corey l’a jumelée avec l’extraordinaire guitariste Sylvain Quesnel, avec qui il avait déjà travaillé lors de la production de ses propres albums. Corey était convaincu que la grande sensibilité artistique de Sylvain en ferait un excellent réalisateur et un partenaire d’écriture de choix pour Marie-Christine.

Le fruit de cette collaboration a été à la hauteur de ses attentes et a conduit à la création de plusieurs pièces maîtresses, y compris Get Out, Let Yourself Go ainsi que A Little Grey On A Sunny Day, écrite par Marie-Christine.

Une des pièces les plus étonnantes de l’album est la reprise incandescente de Wanna Be Your Lover de Prince. Corey, Sylvain et Marie-Christine se creusaient les méninges pour trouver une pièce que la chanteuse pourrait reprendre tout en se l’appropriant totalement. C’est alors qu’a jailli l’idée de reprendre une pièce moins connue du répertoire de Prince.

« Je suis une très grande admiratrice de Prince, mais qui ne l’est pas?, demande Marie-Christine pour la forme. Jamais je n’aurais cru reprendre une de ses chansons. C’est là tout le génie de Corey. »

Corey explique : « Un jour, j’étais dans ma voiture quand j’ai entendu la chanson à la radio. Je l’ai d’abord écoutée en ressentant de la nostalgie, puis j’ai eu une révélation : c’était LA reprise que nous cherchions. Après avoir écouté attentivement les paroles, j’ai compris qu’il s’agissait d’une chanson poignante et mélancolique au fort potentiel mélodique, qui ne demandait qu’à renaître. »

En dépit de cette certitude, plusieurs versions ont toutefois été nécessaires pour parvenir au résultat imaginé par Corey. Au départ, Marie-Christine hésitait un peu à reprendre cette chanson en raison du style disco-pop de la version originale, réalisée dans les années 1980.

La première version démo, aux accents rock, ne fonctionnait pas. Corey a demandé à Sylvain d’aborder les arrangements de la chanson sous un tout nouvel éclairage. Ils ont décidé de ralentir sensiblement le tempo et de créer une atmosphère plus introspective, avec des cordes et du piano à la Coldplay. Ces nouveaux arrangements bien arrimés à l’interprétation stylisée de Marie-Christine font de Wanna Be Your Lover une pièce remarquable qui lui ressemble.

En plus de faire ses preuves comme auteure-compositrice, Marie-Christine a pu mettre à profit son expérience d’interprète au sein d’une variété de groupes pour créer des harmonies novatrices et apporter une foule d’idées lors de l’enregistrement des voix de Walk In Beauty.

« J’ai eu le plaisir de travailler avec Terence Trent D’Arby en 1992, indique Corey. Marie-Christine me rappelle Terence dans sa façon de créer des harmonies originales pour les chœurs. »

La parution de l’album Walk In Beauty permet au monde de découvrir une nouvelle artiste au talent remarquable.

« C’est à la fois un rêve et une chance incroyable d’avoir pu enregistrer ce premier album sur une étiquette internationale, affirme Marie-Christine. Ce disque dégage des ondes positives et couvre une vaste palette d’émotions auxquelles les gens peuvent s’identifier. Ce que je veux maintenant, c’est partager ma voix et ma musique avec le public et espérer le toucher. »

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